Parij
Éric Faye


Une contribution de G. Thomas à cette rubrique..
  [...] Parij. C’est par ce mot que les soldats venus du plus loin de l’Europe, de l’Oural à la Volga, désignent la moitié nord-est de cette vieille ville. De l’autre côté du Mur qui la tranche, la ville ne porte plus exactement le même nom, à une lettre près, la dernière. Nous sommes vers la fin d’une longue guerre que l’on a appelé froide.
Du parc des Buttes-Chaumont à la « Cité interdite » sur Montmartre, puis dans les carrières du Paris souterrain (…) Bernard Neuvil, des Services de Sécurité, plonge jusqu’à la perdition, en quête d’un manuscrit dont nul ne sait si, oui ou non, il existe.
« Mais à l’époque, j’avais dans les quinze ans. Tout était prêt dans ma tête. Nous étions à l’époque où les galeries des anciennes carrières n’avaient pas encore été murées dans leur totalité. Des passeurs vous conduisaient de l’autre côté. Les patrouilles ne parvenaient pas à les arrêter tous et, dans la pénombre, quelques louis d’or arrangeaient bien des choses… Par la suite, tout a été muré. Les centaines de kilomètres de couloirs, sous nos pieds, ont retrouvé le silence. De l’Étoile à Passy, des passages obstrués par des mètres de béton armé. Ce que l’on voit du Mur dans notre ville n’est que sa partie émergée. Des Saints-Innocents au Luxembourg, béton en sous-sol, partout … » [...]

Retour